Je me suis envoyé en l’air sous la voûte céleste d’une église recyclée en école de cirque, cramponné de peine et de misère à un trapèze bien sécurisé par un démon cornu. Cbastien Tardif arborait en 2002 une coupe de cheveux pour le moins inusitée tandis que j’ambitionnais de jouer les acrobates pour les beaux yeux d’une lentille de caméra. C’est donc en faisant un fou de moi que j’ai rencontré cet artiste professionnel de cirque que tout prédestinait au succès. Un an plus tard, Robert Lepage fit de Cbastien Tardif un personnage clé de KÂ. Le spectacle du Cirque du Soleil mena le jeune homme aux cornes rouges jusqu’à Las Vegas, la capitale internationale du divertissement.
Divertir, c’est toujours ce qui anime Cbastien Tardif dix ans après. Son atelier-galerie, logé dans l’ancien Hôtel Saint-Louis, ne détonne guère dans ce quadrilatère de Saint-Anne-de-Beaupré qui compte une basilique, un cyclorama, des miracles et des pèlerins qui, une fois rassasiés de prières et d’illuminations, s’engouffrent dans la mecque de l’art moderne tout azimuts.
À seulement 30 minutes de Québec, la ville qui aime le cirque, Ni Vu Ni Cornu rappelle que la grande cité voisine n’a pas le monopole du spectaculaire. Et ce n’est pas Annie Lévesque qui dira le contraire. L’autre propriétaire de la galerie à la façade rouge-orangée parle avec passion de cet espace créatif qui sort de l’ordinaire et met en exergue l’audace d’une quarantaine d’artistes en art actuel.
Un lien valant mille mots, cliquez ici et vous conviendrez sans le moindre doute que le détour n’aura pas été un saut de haute voltige périlleux et que, s’il y a vertige, c’est seulement devant le prodige diablement inspiré des pensionnaires et protégés d’Annie et Cbastien.
Pascal Evans, reporter

