LA COOPÉRATIVE LES GRANDS RANGS. 1er ODRE DE NOBLESSE.
P’tit cul de Kinsburry dans l’Estrie, tout prédestinait Éric Proulx à la révolution pacifique et active. Pourquoi vouloir faire autrement! Né et élevé dans la nature, un homme vient au monde le sens aigu de ses devoirs envers elle, puisque la nature est mère de toute vie. Qui n’aime pas sa mère n’a pas grande estime et connaissance de soi-même.
Chaque seconde de nos propres vise est l’étincelle d’une révolution qui nous maintient alerte. Vivre est un acte révolutionnaire. De cela Éric Proulx est fait; c’est un conquérant flamboyant de milliers d’étincelles pour une révolution qu’il veut sociale. C’est le retour du gros bon sens québécois pour une protection, une production, une consommation et une préservation de nos terres agricoles, mères nourricières. S’en départir est une folie que le fromager Proulx de la Ferme Tourilli combattra désormais avec un nouveau vaisseau. Une épicerie 100 % québécoise aux produits frais à emporter ou à consommer les deux pieds dans ce pavillon moderne qui célèbre celles et ceux qui nous nourrissent dans la région, et la terre qui porte nos repas et soigne nos maux. Toutes les communautés du monde se rassemblent autour d’une boulangerie et d’une épicerie. L’épicerie révolutionnaire d’Éric Proulx je la vois comme le puits au milieu d’un désert. Un puits dans le vaste marché, mais un grand puits pour notre communauté. Un pas dans la bonne direction, celle de la préservation de nos terres agricoles et la consommation de produits locaux. La révolution est dans l’action. L’idéal passe aussi par ce que nous mangeons. Bien manger, c’est bien penser! Si nous aimons autant qu’on le dit nos enfants, il devrait y avoir foule dans les marchés et les épiceries que nos voisins paysans et cultivateurs approvisionnent de produits sains et frais.
Le « Printemps Érable » a un arbre sucré pour emblème. Le bouleau jaune est quant à lui, celui de la nation. Sa résistance et son enracinement sont une source de réflexions, c’est sans doute pour cela que les Québécois l’ont pour emblême. Mais plus personne n’en plante à présent (à part un ami, Jean-Étienne Poirier, anthropologue, à écouter bientôt parler de spiritualité dans Les [É]clectiks).
À quoi servent les racines s’il n’y a plus d’arbres et de cimes pour en raconter l’origine ? Pas un seul bouleau jaune dans le parc du Bois-de-Coulonge, pourtant propriété d’État. Quand j’y pense, je me dis que lorsqu’ on ne voit plus l’arbre, ni l’écorce, ni même la forêt censée en être l’écran protecteur, mais à sa place, on voit un homme debout dans une forêt dévastée, il y a dangers. Et pas pour celui qu’on croit. L’humain n’est pas un nomade pour rien, c’est écrit dans ses gènes. Notre instinct nous adjoint à nous adapter. Pas à corrompre. Le monde tournera rond quand nous migrerons de nouveau au gré des saisons et des aléas. Ne renions pas le vagabond. Soyons plus jardinier, en pensée servira aussi, mieux que pas du tout.
L’environnement n’est pas la priorité de nos dirigeants, tout juste un paravent. Certainement pas un sujet. L’agriculture est pour eux une industrie, plus du tout un art de savoir-vivre. Je parle donc de culture de la terre. Elle est donnée à tout le monde. Le pouce vert est génétique et organique. Je n’irai pas jusqu’à avoir mon poulailler perso sur le macro bout de terre devant chez nous, mais une minuscule parcelle de pelouse suffit à faire de chacun, aussi petite soit-elle, un lieu pour planter un arbre. Voir la vie en vert ne me semble pas si sorcier. Mais si la nature est donnée à tout le monde, elle appartient surtout au secteur agro-alimentaire privé face auquel la coopérative Les Grands Rangs se présente comme un acteur crédible et déterminé, menant bataille pour une culture de la terre qui soit respectable, durable, juste et profitable.
Petit-fils d’agriculteurs, le père fondateur de la coopérative Les Grands Rangs fédère autour de valeurs communes à une armée de leaders ruraux et urbains attachés à la nature. Effarés et affligés de nos gestes quotidiens contre nature, ils sont une armée pour affronter le statu quo qui fait la part belle aux consortiums et aux multi nationales. Contre toute logique environnementale et humaine, l’agro-alimentaire est devenu pour ses détracteurs le terreau de spéculation de hautes luttes sur lesquelles prime la dictature du court terme. La spéculation n’a ni foi, ni âme et mise sur le blé, sur le riz jouant avec la mort de millions d’affamés. Les laissés pour compte qui crèvent de l’appétit des géants.
Nous avons les clefs de l’enfer. Avons-nous perdu celles du paradis ? La terre est l’oeil de Dieu, un cyclope qu’on rend myope avec nos gaz à effet de serre et dans l’oeil bleu duquel l’enfer s’est planté comme un clou. C’est fou.
Les idéaux de la tribu aux côtés d’Éric Proulx prônent les valeurs universelles, celles qui motivent la solidarité, le partage, l’environnement, l’amour, la paix. Parce que les luttes que l’on gagne sont celles que l’on n’abandonne jamais, la coopérative Les Grands Rangs a fait preuve de ténacité. Ce n’est pas une mince affaire qui ouvre ses portes sur la rue Saint-Joseph. C’est une belle affaire où la bouffe d’ici, d’hommes et de femmes qui nous nourrissent sur des terres souveraines et sacrées, sera consacrée. Ne tuons pas la beauté et la bonté du monde qui nous entoure et nous nourrit. Éric Proulx est le tenancier d’un avenir coopératif auquel il faut adhérer. Ce ne sont pas les occasions qui manquent. Soyons généreux envers nous-mêmes, consommons frais et santé.
« …les valeurs universelles, c’est toujours ça qui me motivent, la solidarité, le partage, l’environnement, l’amour, la paix, y a personne qui va pouvoir me dire que ça c’est pu up to date.» Éric Proulx
Pascal Evans. Reporter.




