Je suis snob

 

Élevé le cul entre deux chaises, j’ai pu vagabonder librement toute mon enfance entre deux mondes que certains sans-génie s’évertuent à tout prix à opposer.

C’est le respect qui signe la noblesse, qui identifie le noble d’âme, du snob en strass. Ma mère était laborantine. Son père soldat du feu. Six maires de Garches et les clefs de la cité remises en main propre à mon ancêtre par le prince Louis de France. Un arrière-arrière-grand-père chef jardinier du domaine de la famille Rothschild, voilà pour la branche bourgeoise et pour rassasier le snob en moi. Et je passe les journées à jouer avec les fils d’ambassadeurs dans des jardins bucoliques et les histoires qui s’y réfèrent.

Du côté maternel, point de titre de noblesse; pas de Comtes, de Ducs, d’Archi-quelque chose et autres légendes urbaines. D’où je viens, en partie, il n’y a pas de clinquantes merveilles autres que naturelles, et simplement des grands-parents paysans les deux pieds dans la bouse de leur troupeau. Des bovins comme voisins. Des voisins comme gagne-pain. Là, au beau milieu du Cantal, en Auvergne, trône sur un volcan des maisons qui m’apparurent la première fois, après les avoir vu en bas âge, être des huttes de pierres, de bois et de paille; il y a à cet endroit de quoi lever le nez et snober même pour le plus récalcitrant au snobisme. Pour les snobs de nature, c’est chose aisée. Par définition, ils lèvent leurs naseaux sur tout. Pour les autres, au beau milieu du purin, snober son monde est une question de survie. Au pays des Bougnats, on retient son souffle. Voilà pourquoi la parole y est d’or. La bouse tue. Mais la bouse enrichit. De cela aussi, on peut être fier et un brin snob. C’est d’ailleurs sûrement de part chez nous que vient l’expression « ça sent pas la rose ». Chez nous, en effet, les fleurs ont renoncé à se parfumer.

Une poupée de porcelaine au maquillage

On vient tous de quelque part, d’un métissage fabuleux, de vies et de parcours eux-mêmes métissés. On lèvera bien le nez sur qui on voudra. Il reste qu’à trop lever le nez, on se casse le cou! Rien de tel n’arrivera à Caroline Décoste, dont le snobisme altruiste à séduit toute l’équipe et rassasié leurs ventres immuablement guidés vers les pâtisseries et les mille et une sucreries amoncelées sur le plateau. Et mardi dernier, il y avait bien des bedaines autour de la jolie Caroline et ses cannelés montés en pyramide. S’en est suivi une dégustation – une ingurgitation pour quelques-uns – d’un cannelé délicieux dont les subtiles saveurs étaient une explosion pyramidale de sensations. J’ai vu un caméraman, réputé pour sa virilité, frémir et frissonner littéralement à la dernière bouchée, les yeux exorbités par la quête frénétique d’un second cannelé à se mettre sous la dent. Fut-il  le voler dans les mains d’un collègue, le caméraman « X » entendait satisfaire son appétit. Les [É]clectiks étant réputés aussi pour être gourmands, Caroline avait prévu le coup. Son grand coeur nous a permis de calmer la bête qui, à la fin de la matinée du tournage, en a tout de même finalement mangé trois. Le bougre. On vit vraiment des moments très forts sur le plateau! Et parfois injustes!

 

Faire une entrevue, ça creuse l'appétit!

En résumé les cannelés de Bordeaux de Caroline Décoste sont bons en crime. La snob a du goût et du coeur. Son blogue en témoigne. Le snobisme n’a jamais été aussi invitant. « Je tiens à vous informer très précieux lecteurs, scintillantes lectrices, que le cannelé élégamment apprécié par mon palais plus ou moins raffiné m’a été offert, sans contrepartie ni avantage en nature. Ce texte n’est en rien le fruit d’un échange commercial ou d’un accord publicitaire. Je le jure sur mon honneur », dira Caroline Décoste. Avec elle, les choses sont dites. Pas d’astérisques aux bas des pages de ses contrats, pas plus que d’interminables et minuscules index. Chez Mademoiselle Décoste, il n’y pas de recoins pour les malentendus ou la fausse représentation. Le snobisme est, chez elle, un jeu d’enfant, bienveillant et ludique. Elle est snob avec altruisme et noblesse, tant et si bien qu’il faudra songer à l’anoblir. Caroline De Coste, j’en parle à la Reine!

 Pascal Evans, reporter

 

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